Les Deux Pratiques de la Religion Traditionnelle Négro-africaine

UNE ACADEMIE MODERNE DE LA SPIRITUALITE TRADITIONNELLE NEGRO-AFRICAINE

La vraie religion traditionnelle négro-africaine (RTNA) est une science exacte. Nous ne cesserons d’affirmer ce fait car, non seulement c’est démontrable, mais il en va aussi de la restauration de la dignité tant bafouée des Négro-africains. Cette science exacte peut-être pratiquée au niveau divin tout comme au niveau humain. Il convient de comprendre cette distinction pour éviter les amalgames. Cette double nature de la pratique de la RTNA n’a jusque-là pas été bien perçue.

La pratique divine et la pratique humaine sont deux aspects de la RTNA qu’en remontant l’histoire on retrouve même dans l’Egypte ancienne.  L’Initiation dans l’ancienne Egypte comportée deux grandes branches : la divine et l’humaine. Cependant, l’initiation humaine incluait l’initiation civile (en tant qu’école de formation des médecins, juristes, commerçants, gouvernant, etc.) et l’initiation martiale ou l’école de formation des corps armés.

Il est très important donc de faire la distinction entre les deux pratiques susmentionnées de la RTNA en tant que science exacte. En vérité, sur le plan strictement divin, la RTNA implique quatre axes dans sa praxis, la pratique de la science  divine:

  • La restauration de la divinité des humains.
    • La haute pratique de la RTNA consiste en le fait que l’initié apprends à redevenir, grâce à la purification de la pensée, un Enfant de Dieu qu’on a toujours été avant notre chute personnelle, redevenir un Osiris. En effet, l’argument cosmologique kémétique, qui est la théologie naturelle systématique de la RTNA, nous apprend qu’à l’origine ceux qui semblent être des mortels sur ce plan temporel étaient des Enfants de Dieu, les manifestations parfaites de la plénitude de sa divinité. Ils étaient donc des soleils, des Ras. Dieu, le Très Haut, a créé ses Enfants libres. Le mauvais usage du libre arbitre a causé la chute des Enfants de Dieu et leur apparition sur ce plan temporel. Ainsi, au plus haut point la pratique de la religion consiste à aider les Enfants déchus de Dieu, que les mortels sont, à retrouver leur parfaite nature divine. Et ce grâce à la purification de la pensée.
    • Le « Livre des morts égyptiens » nous apprend, qu’à sa mort, Osiris Ani réclamait dans l’au-delà le droit d’être un Osiris. L’argument avancé pour justifier ce droit est qu’il a vécu dans la pureté sur cette terre de mortels. Cependant, le fait qu’il était déjà un Osiris comme son nom l’indique. On comprend alors l’enseignement essentiel de ce livre : les mortels sont des Osiris (des Enfants de Dieu) potentiellement, grâce à la purification de la pensée ils deviendront des Osiris d’une manière manifeste.Or le Bukôngo enseigne exactement la même démache. Une chanson de Lêmba, l’académie kôngo d’initiation au mystère civil, appelle l’initié Mahûngu. Cependant, nous savons que le but de son entrée dans le processus d’initiation était de devenir un Marungu par la purification rigoureuse de la pensée. On comprend alors que le terme Mahûngu (ou Malungila dans l’académie sacerdotale, le Kimpasi) est l’équivalent kôngo d’Osiris.  
    • Cette démarche est exactement la même que l’on trouve au cœur de la pratique du Christianisme primitif, le Christianisme tel qu’enseigné et vécu par Jésus et disciples en contraste avec le Christianisme des missionnaires qui en est une mauvaise représentation. En effet  I Jean 3 : 1-3 nous montre clairement que nous sommes des Enfants de Dieu d’une manière potentielle. Grâce à la purification nous pouvons le devenir d’une façon manifeste. La RTNA et le Christianisme primitif poursuivent donc le même haut objectif.
  • Développer un pouvoir divin
    • Le second objectif de l’initié négro-africain dans sa pratique de la science divine était de développer un pouvoir divin, c’est-à-dire, de développer un pouvoir par la purification de sa pensée. Etant le résultat de la purification profonde de la pensée, un tel pouvoir (n’kisi divin) était le secours des ancêtres saints résidant dans l’eau (mpêmba), les bakulu ba maza. Etant le fruit de la purification de la pensée, ce pouvoir ne peut être utilisé que dans le bien, autrement on le perd.
  • Perpétuer ce pouvoir acquis
    • On est initié pour soir et pour sa communauté. L’initié du mystère divin se devait donc de transmettre son pouvoir à la postérité. Et le moyen de le faire était par la foi en un objet matériel (n’kisi humain) en tant réceptacle des esprits des ancêtres. Il est clair que les ancêtres illuminés animant le n’kisi humain ne sont pas les mêmes que ceux qui animent l’initié du mystère divine, car la personne initié au n’kisi humain ne passe pas par le même processus rigoureuse de purification. Autrement, cela constituerait un obstacle à la perpétuation humaine du n’kisi divin. Le n’kisi humain est donc animé par les ancêtres illuminés qui habitent hors de l’eau (bakulu ba nseke).
  • Protéger la société contre la sorcellerie.
    • Depuis l’époque de nos ancêtres, la sorcellerie était perçue comme un élément perturbateur de la société. L’ethnographie des académies initiatiques kôngo nous montre que le but de l’initiation était de contrer la sorcellerie et ses méfaits. La seule exception à cette règle générale était l’usage de la sorcellerie en tant que arme de guerre dans le mystère martial. Nous devons donc nous abstenir de faire de cette exception une règle générale, comme c’est malheureusement le cas dans certaines variantes de la RTNA. Le moyen de lutter contre la sorcellerie dans la société négro-africaine est l’amour divin et non la sorcellerie elle-même.

La pratique humaine de la science exacte que constitue la RTNA est, à proprement parler, l’usage de la technologie traditionnelle négro-africaine pour protéger la société par le secours des ancêtres de la forêt, bakulu ba nseke. La pratique humaine de la RTNA est donc dans sa haute articulation l’usage par la foi du pouvoir développé dans le mystère divine par la purification de la pensée.  

Voilà pourquoi, contrairement à l’initié du mystère divin, à l’initié du mystère humain les exigences imposées sont d’ordre éthique que de sainteté. Ceci explique aussi le fait que le pouvoir développé dans l’initiation humaine peut être utilisé dans le bien comme dans le mal. Cependant, l’usage dans le mal, sauf comme arme de guerre contre nos ennemis, devrait être proscrit pour le progrès spirituel de la nation négro-africaine.   

Le Bukôngo, tel nous l’enseignons dans notre académie Nzil’Alowa, est donc la pratique divine de la RTNA. Une école de l’élévation des Négro-africains par la pratique de la purification de la pensée. Notre école est différente du Kingûnza. Ce dernier courant kôngo de la RTNA est issue essentiellement du milieu de Lêmba, alors que la pratique du Bukôngo dans Nzil’Alowa est une continuité du Kimpasi (l’académie sacerdotale kôngo).

IL nous faut aussi souligner ici que le Vodun, le Santeria, le Palo Monte, etc., sont des pratiques humaines de la RTNA. Les anthropologues reconnaissent que les voduns (esprits) habitaient avant dans la forêt. Ceci montre que l’on affaire ici aux bakulu ba nseke. En outre, il est reconnu que le pouvoir (AZE) développé dans ce courant de la RTNA est ambivalent, pouvant être utilisé dans le bien tout comme dans le mal. Cette nature d’AZE distingue le Vodun du Bukôngo. Il est dons important, pour le développement de nouveaux Voduns, de rétablir dans les milieux de ces courants humains de la pratique de la RTNA la pratique du mystère divin.

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